Un quart des salariés du privé dit avoir été victime de discrimination

Publié le par Le Club Aita

Une étude réalisé pour le compte de la Halde (Haute autorité de lutte contre les discriminations) indique qu'un quart des salariés estime avoir subi une discrimintion, tous critères confondus.

Réalisée auprès de 603 salariés du privé, interrogés par téléphone courant janvier, l'enquête menée par l'institut de sondages CSA annonce des résultats plutôt inquiétants : 25% des sondés estiment avoir eux-même été victime d'une discrimination. Un chiffre qui monte à 31% auprès des employés de très grande entreprise (plus de 5000 salariés).

Les critères sont multiples, l'âge et le handicap étant désignés comme les plus discriminants. Etre d'origine étrangère, syndiqué ou de sexe féminin est également ressenti comme un motif de discrimination.

Très préoccupant également : l'attitude des victimes, qui sont 40% à ne pas avoir réagi, préférant se taire. 

Fait positif : les résultats sont nettement meilleurs dans les entreprises qui se sont engagées dans une démarche active de lutte contre les discriminations (dans ces entreprises, le nombre de personnes affimant avoir subi une discrimination descend à 17%).

Si ces chiffres sont globalement mauvais, ils ne sont pas surprenants pour autant. Ainsi, en 2007, la moitié des 6200 réclamations adressées à la Halde concernait le monde du travail.

Et à notre niveau, au sein du Club AITA, nous avons reçu de nombreux témoignages de discrimination à l'embauche. Chose assez surprenante : selon nos observations, la discrimination semble particulièrement présente dans certains secteurs réputés créateurs d'emploi, voire en pénurie de main-d'oeuvre. Les personnes de couleur, même expérimentées, peinent à être embauchées dans les métiers du service à domicile ou la restauration ; dans le bâtiment, les femmes sont souvent mal accueillies (même sur des postes ne requerrant pas de condition physique particulière). 

La Halde ne se contente pas toutefois de commander des enquêtes pour mesurer l'étendue du problème. Elle mène actuellement une grande opération de "testing", multipliant les réponses à de vraies offres d'emploi, en envoyant au même recruteur plusieurs CV similaires, seulement différenciés par le nom, l'âge ou la photo du candidat. Les résultats devraient être connus courant mars, et risquent de faire parler d'eux : la Halde a annoncé que tout serait rendu public, y compris le nom des entreprises concernées.

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Publié dans Analyses

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