Le RSA à l'épreuve du débat public

Publié le par Le Club Aita

Le revenu de solidarité active (RSA), expérimenté depuis quelques mois dans 34 départements, va être au centre d'un important débat public, en marge notamment du Grenelle de l'insertion. 

L'objectif est d'évaluer le dispositif, d'en affiner les contours (durée d'allocation, gestionnaire du dispositif...) avant sa possible généralisation en 2009. Le RSA pourrait à terme remplacer différents minima sociaux, dont le RMI mais aussi l'API (allocation parent isolé) ou encore l'ASS (allocation spécifique de solidarité, pour les chômeurs en fin de droits). 

Le principe du RSA est que chaque heure travaillée apporte un gain de pouvoir d'achat -- le but est d'éviter les effets négatifs de la dégressivité "par seuil" des prestations sociales, qui fait qu'on peut perdre de l'argent en reprenant une activité professionnelle. 

Par exemple, un RMIste qui trouverait un travail à mi-temps payé au SMIC pourrait conserver une allocation mensuelle de 237 euros au titre du RSA.

Le but de ce dispositif est bien sûr d'éviter l'effet "trappe à pauvreté" des minima sociaux, c'est-à-dire la difficulté d'accroître réellement ses revenus par exemple lorsqu'on perçoit le RMI et qu'on ne trouve comme travail que des activités à temps partiel ou des missions d'intérim.

En supprimant cet écueil, le RSA entend dynamiser l'emploi, car les allocataires de minima sociaux sont par ce système davantage motivés à trouver un travail.

Le RSA, s'il devait être généralisé, apporterait peut-être un mieux, mais il ne remet pas en cause fondamentalement le principe du couple "travail-allocations".

En effet, si on reprend l'exemple précédent, un travail au SMIC à mi-temps plus le RSA représenteront un revenu mensuel de 737 euros. Par comparaison, un SMIC à plein-temps, c'est 1000 euros. La différence de revenus entre un mi-temps et un plein temps est, du fait du RSA, faible : 263 euros.

On peut prendre le problème par tous les bouts : apporter une compensation à des revenus du travail trop faibles est toujours insatisfaisant. Seules de vraies créations d'emploi, à hauteur des besoins et correctement rémunérées, peuvent apporter une solution durable à la précarité.
Publicité

Publié dans Analyses

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
G
Bonjour,Seul le dernier paragraphe de votre article est le résumé et le condensé de tout ce que l'on peut penser et oser dire: créer de l'emploi.J'ajouterai bien volontiers de créer également et au plus vite une loi "anti patrons voyous"... qui obligerait ces malfrats à reverser les montants des parachutes dorés indûment perçus de quelles que façons que ce soient pour augmenter les allocations de celles et ceux qui souffrent de leurs dérives scandaleuses... 
Répondre