Archaïques, les recruteurs français ?

Publié le par Le Club Aita

L'informatique fait partie des secteurs réputés en pénurie de main-d'oeuvre. Sur la seule région Ile-de-France, 27 000 postes seraient ainsi non pourvus. Mais une étude indique que les recruteurs français restent figés sur des critères étroits, qui ferment la porte à de nombreux candidats.

L'étude a été menée fin 2007 par MS Emploi, auprès de 150 professionnels des technologies Microsoft. Ces derniers, à l'image de l'ensemble du secteur informatique, connaissent des difficultés de recrutement. Mais selon cette étude, les recruteurs restent attachés à un profil précis de candidat : jeune, hyper-diplômé et expérimenté.

Cette fixation sur un profil-type supposé idéal semble particulièrement affirmée en France. MS Emploi relève en effet que les critères d'âge et de diplômes sont nettement moins prégnants, par exemple, dans les pays anglo-saxons. Outre-Manche, les entreprises hésitent moins à miser sur la capacité d'adaptation et autres qualités pour lesquelles n'existe aucun diplôme, comme l'aptitude à travailler en équipe. Elles ouvrent aussi davantage leurs portes aux seniors, ayant intégré qu'on peut aujourd'hui avoir plus de 45 ans sans être inapte à utiliser l'outil informatique ni rétif à tout changement.

Sur la base de ce constat, Microsoft encourage clairement ses partenaires à s'ouvrir au "recrutement alternatif", c'est-à-dire à faire preuve de davantage d'ouverture d'esprit pour intégrer de nouveaux publics.

Evidemment, le secteur informatique demeure restreint aux personnes disposant d'une solide qualification. Mais ce qui est vrai dans ce secteur (qu'on pourrait pourtant supposer novateur) l'est dans les autres domaines d'activité.

Cet état de fait est régulièrement souligné par les demandeurs d'emploi inscrits à l'AITA, éconduits dans leur candidature d'embauche parce qu'ils n'ont pas "le bon profil". Cette sentence, lorsqu'elle sanctionne l'âge (ce qui est illégal) ou le manque de diplôme (y compris pour des postes peu qualifiés) correspond bien souvent à la stricte application d'une grille de lecture obsolète, archaïque.

Christian Malécot, spécialiste des ressources humaines qui, sur le site Jobetic, réagit à cette enquête, considère ainsi que "la primeur franco-française faite à l'âge et au niveau d'études est révélatrice des freins considérables au changement, dans un pays qui donne l'impression de s'arcbouter sur des privilèges et des considérations d'une autre époque". Quitte à crier à la pénurie de main-d'oeuvre, et à en accuser des chômeurs forcément fainéants...
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Publié dans Analyses

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G
Ce triste constat est une nouvelle preuve que la "rupture" que tout le monde attend doit se concretiser avant tout dans les comportements de chacun, le cadre legislatif ne devant qu'accompagner ce mouvement.
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