Un chiffre unique, des réalités diverses

Publié le par Le Club Aita

8,4%, 9,4%, 9,8%... Selon qu'il soit calculé par l'ANPE, l'office européen Eurostat ou l'enquête emploi de l'Insee (dont les résultats n'ont toujours pas été officiellement communiqués), le taux de chômage français évolue dans une fourchette large.

Dans tous les cas, ces chiffres s'avèrent de toute façon très partiels, car ne prenant pas en compte l'ensemble des chômeurs : ainsi, les personnes touchant le RMI mais non inscrites à l'ANPE ne sont pas comptabilisées dans le taux officiel.

Cette opacité sur les chiffres est malheureusement très répandue dès que l'on entre dans le champ du chômage et de l'insertion professionnelle. Les associations intermédiaires telles que l'AITA n'y échappent pas.

Ainsi, chaque année, les associations intermédiaires doivent établir leur bilan d'insertion, et notamment comptabiliser les personnes sorties du dispositif. Avec parfois des résultats flatteurs, indiquant que près de la moitié des personnes suivies ne font plus appel à l'association -- sous-entendu : n'ont plus besoin de ses services car ayant réussi leur parcours d'insertion.

Mais à nouveau, le détail des chiffres laisse apparaître une réalité tout autre. Car ces "chiffres d'insertion" mêlent allègrement les sorties liées à un début d'activité (que ce soit en CDI ou en CDD), une entrée en formation ou l'obtention d'un contrat aidé... sans compter une part non négligeable qui quitte le dispositif de l'association intermédiaire en étant encore au chômage, voire dont on est purement et simplement sans nouvelle.

Tout comme la polémique concernant le taux de chômage, ces décalages posent la question de la finalité de ces chiffres : ont-ils pour but de mesurer objectivement la réalité du chômage ? ou plutôt d'estimer le niveau d'activité des structures d'insertion professionnelle ? Dans un cas comme dans l'autre, ces chiffres peuvent représenter un indicateur intéressant. A condition d'être communiqués avec suffisamment de transparence et d'honnêteté.

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Publié dans Carnet de bord

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A
Bonjour Julien,<br /> Excellent livre de Fabienne Brutus, c'est vrai, qui dresse un constat réel sur les difficultés rencontrées, tant au niveau des demandeurs d'emploi que, des agents Anpe, souvent (on ne le sait peut être pas assez) confrontés eux aussi à des contrats précaires dans les agences Anpe...<br /> A lire également, "Chômeurs, Qu'attendez-vous Pour Disparaître"? <br /> Un livre collectif  avec des témoignages de chômeurs (quelques lignes apparaissent sur la création de mon blog!), d'agents Anpe, de sociaologues, syndicalistes et citoyens révoltés...<br /> Un véritable manifeste sur une société en panne d'humanité. Bravo à Jean-Jacques Reboux pour avoir réunit tous ces témoignages.<br />  
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J
En effet, l'opacité sur les chiffres a atteint ces dernières années de vértables sommets. Et pour rebondir sur le post d'Alexandra, je ne peux que vous conseiller le très bon livre de Fabienne Brutus ("Chômage, des secrets bien gardés"), elle-même conseillère ANPE, et qui décrypte justement le trucage des chiffres. A noter que ce livre est même un vrai succès de librairie (preuve que le sujet intéresse beaucoup de gens), au point de faire l'objet d'une publication en poche fin 2006.
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A
Bonjour Julien,<br /> Ce chiffre fait couler en effet beaucoup d'encre:)- Pour ma part, je nomme cela le Patinage Statistique!<br /> Pourquoi le gouvernement ne prend en compte QUE la Catégorie 1 dans la publication mensuelle du taux de chômage?<br /> Pour " sortir du chômage " et donc ne pas être comptabilisé comme chômeur, c' est très facile !<br /> En effet, pour être chômeur " normé " tel que recensé par l’ANPE, la Direction du travail ou tout autre service, il faut rechercher un contrat de travail à durée indéterminée (CDI) et à temps plein. C’est à dire la Catégorie 1<br /> L’ennui, c’est que ces contrats à durée indéterminée et à temps plein sont justement la seule catégorie d’emplois qui n’augmente pratiquement pas, pourquoi ? Simplement, parce que c’est CE type de contrat en CDI temps plein qui est le plus DIFFICLE à trouver sur le marché du travail !<br /> Du coup, on est obligé de se rabattre sur autre chose, et de ce fait, on n’est plus considéré comme " chômeur normé ", donc on n’entre pas dans le calcul du taux de chômage. Voilà le Tour de Magie !<br /> Chacun comprend bien que pour être officiellement un "vrai" chômeur, celui qui compte aux yeux du gouvernement et de l’administration, il ne faut pas s’inscrire dans les catégories 2, 3, 4, 5, 6, 7 ou 8. (plusieurs dizaines de milliers de personnes aujourd’hui). En revanche, pour "sortir du chômage", il suffit de s’inscrire dans ces catégories-là.<br /> Informer les citoyens c’est prendre en compte toutes les catégories et les chiffres feraient peut être trop peur:)-<br /> Alors, on préfère Communiquer seulement la catégorie 1, ce qui permet de rassurer et de faire régner un semblant de paix sociale !<br /> Bref, les politiques continuent à semer de FAUSSES INFORMATIONS! <br /> <br /> Le dèbut du 21 ème en France a marqué l’avènement d’une nouvelle technologie, celle du lavage des cerveaux citoyens par exploitation des médias audio visuels afin de soit de les surtaxer, soit de les réduire au silence, soit enfin d’orienter leurs votes...<br /> A bientôt<br />
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