Un chiffre unique, des réalités diverses
8,4%, 9,4%, 9,8%... Selon qu'il soit calculé par l'ANPE, l'office européen Eurostat ou l'enquête emploi de l'Insee (dont les résultats n'ont toujours pas été officiellement communiqués), le taux de chômage français évolue dans une fourchette large.
Dans tous les cas, ces chiffres s'avèrent de toute façon très partiels, car ne prenant pas en compte l'ensemble des chômeurs : ainsi, les personnes touchant le RMI mais non inscrites à l'ANPE ne sont pas comptabilisées dans le taux officiel.
Cette opacité sur les chiffres est malheureusement très répandue dès que l'on entre dans le champ du chômage et de l'insertion professionnelle. Les associations intermédiaires telles que l'AITA n'y échappent pas.
Ainsi, chaque année, les associations intermédiaires doivent établir leur bilan d'insertion, et notamment comptabiliser les personnes sorties du dispositif. Avec parfois des résultats flatteurs, indiquant que près de la moitié des personnes suivies ne font plus appel à l'association -- sous-entendu : n'ont plus besoin de ses services car ayant réussi leur parcours d'insertion.
Mais à nouveau, le détail des chiffres laisse apparaître une réalité tout autre. Car ces "chiffres d'insertion" mêlent allègrement les sorties liées à un début d'activité (que ce soit en CDI ou en CDD), une entrée en formation ou l'obtention d'un contrat aidé... sans compter une part non négligeable qui quitte le dispositif de l'association intermédiaire en étant encore au chômage, voire dont on est purement et simplement sans nouvelle.
Tout comme la polémique concernant le taux de chômage, ces décalages posent la question de la finalité de ces chiffres : ont-ils pour but de mesurer objectivement la réalité du chômage ? ou plutôt d'estimer le niveau d'activité des structures d'insertion professionnelle ? Dans un cas comme dans l'autre, ces chiffres peuvent représenter un indicateur intéressant. A condition d'être communiqués avec suffisamment de transparence et d'honnêteté.