Radiation ou travail aidé : du pareil au même ?

En décembre 2006, le nombre de demandeurs d'emploi en France aurait baissé de 1%, pour s'établir juste au-dessus du seuil des 2 millions de personnes, avec un taux de chômage de 8,6%.
Ces chiffres, comme à chaque publication du même genre, ont fait l'objet de commentaires pour le moins critiques. Matthieu Lemoine, de l'Observatoire français des conjonctures économiques, estime ainsi "qu'un tiers de la baisse du chômage observée est artificielle". A priori, on serait tenté de le croire. Reste l'explication de ces chiffres : selon M. Lemoine, nombre de chômeurs ne sont plus comptabilisés comme tels, non parce qu'ils ont trouvé un travail, mais tout simplement parce qu'ils ont été radiés des listes OU qu'ils occupent un emploi aidé.
Peut-on cependant mettre dans le même sac les chômeurs radiés et ceux en emploi aidé ? Un emploi, fût-il aidé, représente en tant que tel une insertion professionnelle, ne serait-ce que parce qu'il permet de sortir de la spirale de l'exclusion sociale.
Ce genre d'amalgame, entre inactivité et emploi aidé, est malheureusement courant et largement admis. C'est pourtant pour cette raison que, depuis des dizaines d'années, des sommes énormes sont investies dans les dispositifs d'aide sociale sans que le sentiment de précarité et d'insécurité sociale ne recule dans le pays.