Vers un contrat unique d'insertion ?
Nous avons déjà pointé, dans ces pages, l'extrême complexité des différents dispositifs destinés à encourager l'insertion professionnels des chômeurs de longue durée, et notamment les contrats aidés. Un avis apparemment partagé par la Cour des comptes qui, dans un rapport publié fin février 2007, critique la multiplicité de ces contrats, d'où une difficulté évidente à les promouvoir, y compris pour les agents de l'ANPE qui en sont chargés.
Alors que depuis des années, un contrat chasse l'autre au rythme des alternances politiques, sans logique ou cohérence évidente, la Cour des comptes suggère une évolution vers "une armature stable avec un ou deux contrats-type", voire la création d'un "contrat unique d'insertion".
Ce souhait semble avoir été entendu par les parlementaires qui, en marge de l'adoption du droit au logement opposable, ont ouvert la voie à l'expérimentation locale d'un contrat unique d'insertion, destiné à l'ensemble des bénéficiaires des minima sociaux.
Il s'agit sans doute d'un pas dans la bonne direction, mais qui ne suffira pas à surmonter l'autre écueil de ces contrats aidés : leur faible efficacité en termes d'insertion professionnelle à long terme. Une limite également soulignée par ce même rapport de la Cour des comptes, qui regrette que les contrats servent surtout à réguler les files d'attente des demandeurs d'emploi en fonction des priorités politiques du moment : "La politique de l'emploi aidé souffre d'une approche à trop court terme", pointe ainsi le rapport.
Là encore, c'est un constat que nous partageons largement, d'où la nécessité selon nous que les contrats aidés soient des CDI, et non des CDD comme c'est le cas actuellement.
En 2005, toujours selon ce rapport, deux millions de Français ont bénéficié d'un emploi aidé, pour un coût de 5,6 milliards d'euros.