Sortir de la logique "passerelle"
Depuis l’apparition du chômage de masse, à la fin des années 1970, les gouvernements de tout bord continuent de renvoyer aux seuls "mécanismes naturels" de l’économie la responsabilité de créer de l’emploi. Tout au plus acceptent-ils de mettre en place des "passerelles" censées faciliter l’entrée dans le monde du travail des candidats présentant certaines difficultés à y parvenir seuls. Contrat nouvelle embauche, contrat d'avenir, contrat d'accompagnement vers l'emploi... Les exemples sont multipes qui illustrent cette logique.
Cette logique est la suivante : si une profession manque de personnel alors que subsiste sur le même bassin d'emploi un taux de chômage important, des "passerelles" facilitant la rencontre entre employeurs et demandeurs d'emploi sont nécessaires. Cela peut être vrai pour certains secteurs (les fameux "gisements d'emplois"), comme le bâtiment, réputé manquer de main-d'oeuvre.
Mais il y a un hic. Car si cette logique fonctionnait à grande échelle, le chômage, et notamment le chômage de longue durée, aurait diminué de manière significative sous l'effet de ces politiques. Ce n'est pas le cas. La raison est simple : le problème de l'emploi n'est pas, loin s'en faut, qu'un problème de décalage entre le profil des demandeurs d'emploi et la nature des postes à pourvoir. Le problème est aussi d’ordre quantitatif avec, dans certaines branches, moins d'emplois à pourvoir que de demandeurs et, dans d'autres secteurs, un décalage entre les conditions proposées par les employeurs (pénibilité, rémunération...) et ce que sont prêts à accepter les demandeurs d'emploi. Ces situations nécessitent de s'orient vers une autre solution.
Cette autre solution consiste à sortir de cette logique de passerelle, en proposant de vrais emplois d'insertion, sans limite de durée. Emplois en entreprise d'insertion, CAE, CA.... Tous ces contrats sont des CDD ! Avec quels effets ? Un tiers seulement des personnes "en insertion" retrouve du travail sur le marché ordinaire. Il en reste donc deux tiers au chômage ou dans des situations précaires équivalentes. Par ailleurs, le premier tiers, celui qui, grâce à l’aide de l’Etat, a rejoint le marché du travail, le fait mathématiquement au prix du chômage de longue durée d’un nombre équivalent de citoyens-chômeurs, puisque, au total, les chiffres du chômage ne reculent pas.
"L'insertion" ne peut être limitée dans le temps : il est impossible d’établir une durée standard suffisante à l’individu pour acquérir l’autonomie qui lui permettra de voler de ses propres ailes, qui plus est quand le marché de l'emploi est saturé. Peut-être d’ailleurs que certaines personnes n'accéderont jamais à un emploi dans le milieu du travail "ordinaire", sans pour autant souffrir d’un handicap reconnu comme tel et, de ce fait, donnant accès aux structures spécialisées de travail adapté (par ailleurs elles aussi saturées).
Tous ces éléments illustrent la nécessité de sortir de cette logique de "passerelle vers l'emploi", option frileuse qui se contente d'adapter à la marge les mécanismes de l'emploi en espérant que cela suffira à permettre l'insertion durable de personnes très éloignées du monde du travail. Cela ne marche pas, et c'est pour ça qu'un changement d'optique s'impose.
Le travail ne doit plus être considéré comme une composante quelconque de l'activité économique, mais comme un bien répondant à un besoin de première nécessité, dont personne ne doit être privé. Rappelons une fois de plus qu'en disant cela, nous ne faisons que reprendre l'article 23 de la déclaration des droits de l'homme, qui mentionne que "toute personne a droit au travail".
Mettre en oeuvre le droit au travail demande, plus que quelques passerelles à durée déterminée, du volontarisme et de l'imagination, comme nous allons le voir par la suite.
Cette logique est la suivante : si une profession manque de personnel alors que subsiste sur le même bassin d'emploi un taux de chômage important, des "passerelles" facilitant la rencontre entre employeurs et demandeurs d'emploi sont nécessaires. Cela peut être vrai pour certains secteurs (les fameux "gisements d'emplois"), comme le bâtiment, réputé manquer de main-d'oeuvre.
Mais il y a un hic. Car si cette logique fonctionnait à grande échelle, le chômage, et notamment le chômage de longue durée, aurait diminué de manière significative sous l'effet de ces politiques. Ce n'est pas le cas. La raison est simple : le problème de l'emploi n'est pas, loin s'en faut, qu'un problème de décalage entre le profil des demandeurs d'emploi et la nature des postes à pourvoir. Le problème est aussi d’ordre quantitatif avec, dans certaines branches, moins d'emplois à pourvoir que de demandeurs et, dans d'autres secteurs, un décalage entre les conditions proposées par les employeurs (pénibilité, rémunération...) et ce que sont prêts à accepter les demandeurs d'emploi. Ces situations nécessitent de s'orient vers une autre solution.
Cette autre solution consiste à sortir de cette logique de passerelle, en proposant de vrais emplois d'insertion, sans limite de durée. Emplois en entreprise d'insertion, CAE, CA.... Tous ces contrats sont des CDD ! Avec quels effets ? Un tiers seulement des personnes "en insertion" retrouve du travail sur le marché ordinaire. Il en reste donc deux tiers au chômage ou dans des situations précaires équivalentes. Par ailleurs, le premier tiers, celui qui, grâce à l’aide de l’Etat, a rejoint le marché du travail, le fait mathématiquement au prix du chômage de longue durée d’un nombre équivalent de citoyens-chômeurs, puisque, au total, les chiffres du chômage ne reculent pas.
"L'insertion" ne peut être limitée dans le temps : il est impossible d’établir une durée standard suffisante à l’individu pour acquérir l’autonomie qui lui permettra de voler de ses propres ailes, qui plus est quand le marché de l'emploi est saturé. Peut-être d’ailleurs que certaines personnes n'accéderont jamais à un emploi dans le milieu du travail "ordinaire", sans pour autant souffrir d’un handicap reconnu comme tel et, de ce fait, donnant accès aux structures spécialisées de travail adapté (par ailleurs elles aussi saturées).
Tous ces éléments illustrent la nécessité de sortir de cette logique de "passerelle vers l'emploi", option frileuse qui se contente d'adapter à la marge les mécanismes de l'emploi en espérant que cela suffira à permettre l'insertion durable de personnes très éloignées du monde du travail. Cela ne marche pas, et c'est pour ça qu'un changement d'optique s'impose.
Le travail ne doit plus être considéré comme une composante quelconque de l'activité économique, mais comme un bien répondant à un besoin de première nécessité, dont personne ne doit être privé. Rappelons une fois de plus qu'en disant cela, nous ne faisons que reprendre l'article 23 de la déclaration des droits de l'homme, qui mentionne que "toute personne a droit au travail".
Mettre en oeuvre le droit au travail demande, plus que quelques passerelles à durée déterminée, du volontarisme et de l'imagination, comme nous allons le voir par la suite.
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